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les réfugiés syriens victimes de notre soif de pétrole.

mercredi 16 septembre 2015, par Jean Monestier

Il y a un paramètre dont on parle peu au sujet du désordre au Moyen Orient, c’est celui du pétrole. Quand on lit « Or noir », de Matthieu Auzanneau, on constate que tous les conflits du 20ème siècle, même les plus inattendus, ont été liés de près ou de loin à ce fluide, que ce soit pour la prospection, la propriété de gisements reconnus, l’exploitation de ces derniers, l’installation de raffineries, et enfin le passage sécurisé des tuyaux de transport et la construction des ports destinés à son exportation. Tout ceci est caché au présent mais apparaît au bout de quelques décennies, quand les langues se délient et que les archives s’ouvrent. Derrière les luttes pour une indépendance, pour une religion, pour la démocratie, c’est le cynisme des Occidentaux, et donc l’argent, qui est à la manœuvre, éventuellement à la barbe des États, des médias, et des organismes caritatifs, qui sont instrumentalisés par le lobby.

Même si nous ne le savons pas encore, je suis persuadé que le drame des réfugiés syriens n’est pas étranger aux conséquences de ce jeu sinistre, que certains esprits supérieurs appellent « Le Grand Jeu », et dont nous bénéficions tous à travers notre participation au système. Aujourd’hui les Syriens, demain à nouveau les Africains traverseront la mer au péril de leur vie pour éviter une mort certaine à plus ou moins long terme. Un petit milliard d’Humains vivant à l’occidental bouleversent la planète depuis 500 ans pour s’y adonner à leur extractivisme, en massacrant au besoin des populations entières faute de pouvoir les réduire en esclavage.
Un homme politique assez connu a dit un jour à la radio : « La France n’a pas besoin de l’Afrique ». Les bras m’en sont tombés en pensant à toutes les ressources vitales que nous importons de là-bas. Mais le même a précisé un peu plus tard : « L’homme africain n’est pas encore entré dans l’Histoire ». En fait, il voulait donc dire que la France n’avait pas besoin … des Africains, sauf bien sûr dans les soutes, pour extraire les minerais, et cultiver des millions d’hectares confisqués aux petits paysans locaux pour une exploitation agricole énergétiquement ruineuse mais économiquement rentable, soutenue à bout de bras par le pétrole. C’est ainsi que notre soif illimitée de l’argent produit une catastrophe humaine et écologique sur toute la Terre.

En France, un mouvement puissant ne veut plus partager ce mode de vie privilégié. C’est terriblement logique. En effet, c’est impossible de vivre au niveau de cette unique planète sans une sobriété drastique. Qu’en sera-t-il face aux centaines de millions de réfugiés climatiques (on parle de 150 millions pour le seul Bangladesh), qui demain, pas dans cinquante ans, demain, vont nous réclamer de l’aide ? Et quand ces réfugiés viendront de nos propres territoires, comme les Américains l’ont vécu après Katherina ? Certains Mexicains ont fait scandale aux États-Unis en disant : « Venez nous voir, venez visiter nos pays, mais surtout, surtout, ne venez pas pour nous aider ». Il est bien tard. Nous les « aidons » depuis 500 ans et avons mis toute l’Humanité dans un grand désordre.