Décroissance en pays Occitan et Catalan
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Pour que d’autres mondes soient possibles !

La croissance n’est pas la solution, mais le problème

lundi 8 février 2010, par Administrator

Pour que d’autres mondes soient possibles !

La croissance n’est pas la solution, mais le problème

En réponse aux urgences mondiales, sociale, écologique et humaine, nous
avons besoin d’offrir, d’étudier et de nous emparer d’un projet
politique en rupture radicale avec le modèle économique et politique
dominant.

Il reste indispensable d’offrir à ceux qui souffrent, les
outils nécessaires à la résistance, à l’enthousiasme du projet et à la
reprise en main de leur destin. Et, ce ne sont pas de perpétuels appels
à l’unité, nourris par un panel de revendications quantitatives et
illusoires, qui nous permettront de sortir de l’impuissance et de
remplir le vide de l’espérance émancipatrice.

Le système capitaliste dominant et mondialisé, profondément
inégalitaire, fondé sur le concept de "développement" introduit par le
président américain Truman en 1949, se révèle destructeur de nos milieux
naturels et des liens humains qui fondent le vivre ensemble solidaire.
Les réponses apportées par la social-démocratie, gestionnaire docile de
l’ultralibéralisme nous conduisent aux mêmes impasses.

Seule une réflexion critique et radicale du modèle productiviste
permettra de remettre en cause les notions de croissance et de développement ainsi que ses corollaires : pauvreté, perte des biens fondamentaux,
concurrence entre les peuples et les individus. La croyance et
l’idéologie selon lesquelles la croissance et le progrès scientifique
et technologique « amélioreraient nécessairement et inévitablement le
bien-être des gens sur terre » ont fait faillite.

« La vision du développement qui a inspiré les efforts internationaux se
trouve au bord de l’extinction. Il ne s’agit pas d’un déclin temporaire
de la volonté politique, ni de la conséquence d’un ralentissement
économique temporaire dans le Nord industriel. C’est plutôt l’idée de développement elle-même qui disparaît du paysage comme conséquence directe des changements et discontinuités massifs de notre temps. »

Vers des catastrophes planétaires majeures

Nous faisons partie des premières générations occidentales à vivre une civilisation
sans repère spirituel, sans lien ni repère sacré qui nous unissent à la
Terre, sans lien de solidarité entre les peuples et les individus.
« La disponibilité et l’accès à l’eau - à ses usages - constituent un
droit humain (universel, indivisible et imprescriptible) individuel et
collectif. L’eau est un symbole réel du caractère "sacré" que nos
sociétés attribuent à la vie. L’eau est sacrée. » (Riccardo Petrella,
Vers un pacte social mondial sur l’eau).

Nous faisons partie des premières générations à
concevoir, à reconnaître, à entrevoir que les conséquences, inhérentes à la
perte de ces liens, ne sont pas le seul fait de tragédies nationales
isolées, mais bien les prémices de catastrophes planétaires majeures.

Nous sommes les premières générations nourries à l’idéologie du PIB à
commencer à admettre que nos destins sont liés, non seulement au destin
de l’ensemble de l’humanité, mais également à notre environnement.

Remettre en cause le salariat et le productivisme

Différents appels conjuguent les trois urgences sociale, écologique et
démocratique. Difficile de faire moins lorsque le dérèglement climatique
et la crise énergétique s’accélèrent, lorsque les risques de destruction
des écosystèmes menacent directement nos conditions mêmes d’existence.
Dans ce contexte, exacerbé par la crise financière actuelle, la « gauche
de la gauche » nous invite à ne plus oublier « la nécessité de redistribuer
les richesses ».

La réponse politique de la gauche enfin à gauche serait-elle seulement
celle de redistribuer, de façon plus égalitaire, les profits financiers
qui sont l’essence même du capitalisme, de l’aliénation des peuples et
de la destruction de leurs modes de vie et des écosystèmes. La gauche
enfin à gauche ne remettrait-elle pas en cause, ni le salariat, ni la
redistribution des profits monétaires, ni le productivisme qu’elle se
targue de transformer en un développement prétendument durable.

On imagine que l’aspiration à d’autres mondes possibles serait celle
de dépasser l’objectif aliénant que représente la recherche effrénée et
vaine de l’augmentation du pouvoir d’achat. On imagine que l’aspiration
des salariés serait de se débarrasser de l’aliénation du salariat, de la
consommation et de la monnaie spéculative, pour retrouver la maîtrise de
leurs usages et l’instauration d’un revenu universel inconditionnel.

On imagine que l’aspiration des populations serait l’autogestion
généralisée de leur vie et l’expérimentation d’alternatives de sociétés
dans lesquelles les profits monétaires et le productivisme seraient
exclus.

La gauche de la gauche, « la gauche » (Die Linke) nous maintiennent dans
une vision productiviste et techniciste du monde, bien
éloignée de celles des écologistes, des altermondialistes et des
objecteurs de croissance. L’absence de radicalité, le flou entretenu sur
leurs futures alliances à vocation majoritaire, empêchent l’intégration
des objectifs écologistes, mais également de ceux anticapitalistes du NPA.
Empêchant ainsi la création d’un large front de résistance.

Pour une Entente de l’écologie radicale et sociale

Nous sommes nombreux à œuvrer et à nous mobiliser pour :
- qu’un projet politique prenne en compte les réalités sociales
économiques et écologiques tout en intégrant l’indice de développement
humain et l’empreinte écologique,
- que se refonde une pensée écologiste qui n’envisage pas, de quelque
manière que ce soit, la gestion d’un système économique,
qui ruine l’espérance des vies sur cette planète,
- qu’écologistes, altermondialistes, altermondistes et objecteurs
de croissance se rassemblent pour porter un projet de rupture avec ce
capitalisme dévastateur et proposent des alternatives émancipatrices aux
dominations,
- que ce projet écologiste autonome, ouvert et qui intègre la participation de celles et ceux qui s’en sentent partie prenante, soit enfin proposé comme une utopie
réalisable, pour des alternatives concrètes qui préservent l’avenir des
générations futures, en harmonie avec les autres êtres vivants, avant
que ne s’amplifient les catastrophes, la pénurie et la récession.

C’est le sens de l’Entente de l’écologie radicale, mise en place à
Miremont et qui a réuni sept sensibilités. Les prochaines rencontres se
tiendront à Avignon, début janvier 2009.

Un Pôle de radicalité

Par ailleurs, nous pensons que, parallèlement et sans occulter ni
renoncer à nos propositions, un large front de résistance (un pôle de
radicalité), doit se mettre en place sur des propositions d’actions et
de luttes, y compris dans le domaine institutionnel.
Nous devons rompre avec le bipartisme et le système majoritaire qui
empêche toute émergence d’initiatives en rupture avec l’idéologie
dominante.

Si nous privilégions la nécessité de la création d’une entente de
l’écologie radicale et sociale, nous pensons qu’il est souhaitable qu’un
tel pôle de radicalité se mette en place avec d’autres composantes
issues de la gauche alternative et anticapitaliste en y incluant le
mouvement social.

Note . Le terme « altermondialistes » défini ceux qui seraient pour une autre mondialisation , nous y préférons celui « d’altermondistes » ,qui seraient pour que d’autres mondes soient possibles , en respectant la diversité des cultures et la souveraineté des peuples

Pour prendre contact avec le Mouvement des Objecteurs de Croissance

contact@ml.les-oc.info