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CENTRALE BIOMASSE DE GARDANNE : le tribunal donne raison aux défenseurs de l’environnement et annule l’autorisation d’exploiter !

samedi 17 juin 2017, par Nicholas Bell

Bonjour,
cela fait plusieurs jours que je voulais vous écrire parce que, comme vous le savez probablement, ça a beaucoup bougé ces derniers jours par rapport à la centrale à biomasse d’Uniper (ex-E.On) à Gardanne. J’ai attendu une réunion d’hier avec plusieurs des plaignants qui ont porté les recours contre l’autorisation accordée à ce projet aberrant.
Première grande nouvelle : l’annulation de l’autorisation d’exploitation de la centrale à biomasse décidée le 8 juin par le tribunal administratif de Marseille.
"Les opposants au projet de transformation d’une partie de la centrale charbon de Gardanne (Bouches-du-Rhône) en plus grande centrale biomasse française ont obtenu gain de cause. Le tribunal administratif de Marseille a annulé jeudi 8 juin l’autorisation d’exploitation de cette centrale. « L’insuffisance de l’étude d’impact » du projet « a eu pour effet de nuire à l’information complète de la population » avant la construction de cette centrale, a-t-il conclu." (La Croix, 8 juin)

Cette décision est tombée exactement au moment où je me trouvais dans une immense salle à Essen en Allemagne pour la première réunion des actionnaires d’Uniper (nouvelle entreprise créée par E.On pour s’occuper des énergies sales : charbon, nucléaire etc. et aussi de la centrale à Gardanne qui est mi charbon-mi biomasse). Grâce à l’action d’une association allemande d’actionnaires critiques qui achètent des actions des grandes entreprises, j’ai pu y assister en tant que représentant de 80 actionnaires. Dans mon intervention d’environ 10 minutes devant les 1200 actionnaires, le PDG et le Conseil d’Administration j’ai eu le grand plaisir de pouvoir les informer sur cette nouvelle de Marseille. Ils n’étaient pas encore au courant. J’avais reçu un texto une heure avant de prendre la parole !

Il est intéressant de savoir qu’il y avait d’autres "actionnaires critiques", notamment un qui a mis en question le fait que l’un des principaux fournisseurs en charbon d’Uniper est la Colombie où les conditions de travail et les abus des droits de l’homme sont terribles.

Le 9 juin le préfet a de nouveau accordé une autorisation provisoire d’exploitation :

"Suite à l’annulation de l’autorisation d’exploitation de la centrale de Provence par le tribunal administratif de Marseille hier, la préfecture des Bouches-du-Rhône a dû réagir en urgence pour permettre la continuité de production d’électricité sur le site de Gardanne-Meyreuil (Bouches-du-Rhône).
Le préfet a publié ce matin un nouvel arrêté permettant à Uniper, groupe allemand exploitant la centrale, de "poursuivre son activité" dans l’attente de la décision de régularisation. En clair, Uniper doit revoir sa copie en matière d’étude de l’impact sur les forêts du Sud-Est de la France des coupes forestières nécessaires au fonctionnement de sa toute neuve tranche de production à la biomasse et réétudier les rejets de particules fines de cette dernière dans l’atmosphère.
Mais en attendant l’éventuelle réévaluation, la centrale de Gardanne peut donc continuer à fonctionner, la préfecture ayant jugé que l’installation faisait "partie des unités de production d’électricité dont le concours est indispensable, en particulier en cas de vague de froid et de risque majeur de coupure d’alimentation électrique" dans la région." (La Provence, 9 juin)

Dans cette autorisation provisoire, le préfet donne un délai d’un mois pour qu’Uniper précise si elle compte continuer l’exploitation de cette centrale et si oui, il donne un délai de neuf mois pour qu’Uniper présente un nouveau plan assorti d’une nouvelle étude d’impact qui doit concerner toute la zone concernée.

Les avocats des plaignants nous indiquent que cette procédure est tout à fait légale et qu’il n’y aurait pas de sens de faire appel contre cette autorisation provisoire. Il faudra suivre de près cette nouvelle étude d’impact et insister auprès du nouveau ministre, Nicolas Hulot, qu’il soit vigilant et exigeant par rapport à cette procédure.

Uniper a indiqué qu’elle fera appel contre l’annulation décidée le 8 juin, mais à ma connaissance elle ne l’a pas encore fait. Elle a deux mois pour le faire.

Lors de la réunion d’hier à Gardanne nous avons remarqué que les documents de la préfecture donnent l’impression que le Groupe 4 (la partie biomasse de la centrale) a commencé à fonctionner et à produire de l’électricité. Nous ne savons pas si c’est effectivement le cas. D’autant plus que nous avons reçu divers échos sur le fait qu’Uniper est confronté à des problèmes techniques considérables dans les essais conduits ces derniers mois, qui empêchent le fonctionnement comme prévu. La réunion du Comité de Suivi du Site du 29 juin a été annulée. Il serait important de savoir exactement où Uniper en est.

Deux participants à la réunion ont aussi raconté que les riverains ne supportent plus le bruit provoqué par les essais.

Voilà pour le moment. Tout cela montre que nos efforts ces dernières années pour contester ce projet ont porté des fruits. C’est une première victoire qui doit encore être confirmée. Bravo à nous tou(te)s !

Amicalement, Nicholas Bell, Collectif SOS Forêt du Sud